Un homme lève la main sur une femme et c’est tout un village qu’il traumatise.
J’écris pour que la parole circule sur ce qu’il se passe derrière nos murs.
C’est l’été. Je dors paisiblement la fenêtre ouverte. Il est 5h du matin. Au son du chant des oiseaux, l'aube pointe le bout de son nez. Je me réveille en sursaut par des cris et la voix roque d’un voisin résonnant dans toute la cour « ça suffit maintenant ! » Je ne comprends pas ce qu’il se passe mais je sens que ça s’agite sur mon pallier. Je me lève précipitamment. Je tremble, j’ai peur. Je suis seule chez moi. Je pense d’abord à un cambriolage. Je barricade ma porte d’entrée de chaises. Allez comprendre. Instinct de survie.
Je vais à la fenêtre, le calme absolu est revenu. Un silence aussi insoutenable que les cris. Que se passe t’il ? Je fais des allers retours dans mon appartement. J’allume les lumières pour montrer qu’ici, il y a quelqu’un. Je retourne à la fenêtre. J’entends un « bonjour ». Je tremble encore plus. C’est le voisin de l’immeuble d’en face. Il m'informe qu’il a appelé la police, une dispute violente a lieu dans l'un des appartements. La femme crie à l’aide. Je comprends que c’est sur mon pallier. Ce sont mes voisins. Dans cet appartement dans lequel j'ai habité. Nous échangeons nos numéros, il me conseille de me mettre en sécurité. Le calme semble être revenu. Je suis en boucle dans ma tête. Que se passe t'il derrière ce mur ? Comment va cette femme ? Comment se sent-elle ?
J’entends frapper « Police ouvrez ». Un scénario de film. L’intensité émotionnelle dans ma chair me rappelle à la réalité. Le temps est suspendu. J’ai peur. Peur de ce qu’ils pourraient trouver. Une femme se fait violenter et c’est tout mon être qui tremble. Le voisin m’écrit « j’espère qu’il y a rien de grave ». Tout cela est déjà bien trop grave à mon goût. Et c’est vrai que le pire pourrait arriver. J’entends les policiers rebrousser chemin. Mon corps se soulage, légèrement. Je pense à elle. Son appel à l’aide.
Je pense à toutes celles qui vivent cet enfer. Celles qui n’arrivent pas à demander de l’aide. Celles qui n'ont pas l'oreille d'un.e voisin.e pour les sauver.
Dans ce retour en calme, j’ai besoin d’écrire pour m’apaiser. Poser les mots de mon tremblement intérieur.
Un homme lève la main sur une femme et c’est tout un village qu’il traumatise.
Il est 6h du matin. Comment se rendort-on après ça ? Comment aborde t-on une nouvelle journée ? Comment savoir si cette femme va bien sans attiser les foudres de son bourreau ? La seule chose qui me réconforte c’est de savoir qu’elle n’est pas seule. Nous sommes là. Ces gardien.nes de l’ombre.
Les heures passent, le moindre bruit me tétanise. Je suis fatiguée de toute cette violence qui nous assaille quotidiennement. C'en est trop pour mon coeur d'hypersensible. Je me sens vulnérable, en insécurité. Dans ma propre intimité.
Un homme violente sa femme et c’est toutes les femmes qu’il violente.
Un homme frappe une femme et c’est toutes les femmes qu’il insécurise.
Un homme frappe une femme et c’est toutes les femmes qu’il traumatise.
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